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République
togolaise MINISTÈRE DE LA
JUSTICE |
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PROGRAMME NATIONAL DE MODERNISATION DE
LA JUSTICE (PNMJ) |
République Togolaise
Ministère de la Justice
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PROGRAMME NATIONAL DE MODERNISATION DE LA JUSTICE 2005 - 2010 |
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Avant-projet
final, tel qu’amendé par l’atelier de validation tenu à Kpalimé du 17 au 19
août 2005
SOMMAIRE
1. L’existence d’un cadre juridique promouvant le respect des droits humains, la justice sociale, la protection des personnes et des biens, assorti d’un système juridictionnel indépendant et apte à assurer en assurer l’application cohérente et uniforme est la caractéristique d’un régime de droit. Elle constitue également un pré-requis au développement du secteur privé, à l’attraction de l’investissement direct étranger, à l’intégration du pays dans l’économie mondiale et, in fine, à l’amorce d’un développement durable.
2. Des avancées importantes vers ce régime de droit sont intervenues au Togo depuis le début des années 90. L’indépendance de la justice est désormais garantie au plan formel par les principes constitutionnels de séparation des pouvoirs, de distinction des magistrats du siège et du parquet, d’inamovibilité des magistrats du siège ainsi que par la création d’un Conseil supérieur de la magistrature statuant en matière d’avancement et de discipline. Le cadre législatif organisant les juridictions, est considéré comme globalement orthodoxe, sous réserve d’adaptations. Les effectifs de magistrats ont doublé en 7 ans, permettant au Togo, avec 1 magistrat pour 31 000 habitants, de se situer dans la moyenne supérieure des États du Sud. Les traitements des magistrats ont en outre été revalorisés. L’État togolais a enfin adhéré aux principales conventions internationales sur les droits de l’Homme et est un état membre de l’OHADA dont il applique les actes uniformes, contribuant ainsi à une plus grande sécurité juridique des affaires.
3. De nombreux problèmes restent cependant à adresser. Le service public de la Justice s’est en effet fortement détérioré depuis une décennie, du fait des restrictions budgétaires, conséquence de la réduction drastique en 1993 de l’aide internationale au développement du Togo. Le budget du ministère de la Justice, amputé de 50% au début des années 1990, représente aujourd’hui moins de 0,5% du budget de l’État et ne parvient à financer que les salaires des magistrats. Les juridictions, qui ne disposent plus de budget propre, assurent désormais leur fonctionnement sur les recettes de leurs greffes, ce qui constitue une source potentielle de dérives. L’absence totale de crédits d’investissement alloués à la justice a conduit à une dégradation des infrastructures judiciaires qui affecte tant les conditions de travail des magistrats que l’image même de la Justice. La formation et surtout, le perfectionnement des magistrats, ne sont plus assurés depuis de plusieurs années. De nombreux magistrats, spécialement provinciaux, n’ont jamais reçu de recyclage depuis leur nomination et ont donc perdu l’essentiel des connaissances acquises lors de leur formation initiale. Le corpus normatif civil et pénal est soit lacunaire soit en contradiction avec l’évolution de la société. Ainsi, le code civil reste le code français d’avant l’indépendance, le code pénal ne comporte que 243 articles et est en contradiction avec les dispositions de plusieurs conventions internationales auxquelles le Togo est partie, le code de l’enfant n’est toujours pas rédigé. Ces exemples peuvent être multipliés. L’établissement effectif de l’État de droit est par ailleurs contrarié par des carences affectant l’ordre juridictionnel. La Cour Suprême n’exerce qu’imparfaitement son rôle de cassation et donc de régulation de la jurisprudence civile et pénale. Les chambres administratives de la Cour Suprême et de la cour d’appel ne sont toujours pas fonctionnelles. Il en résulte une absence complète de contentieux administratif au Togo, ce qui constitue une atteinte sérieuse aux droits de citoyens, de facto incapables d’assigner en justice l’État. Les tribunaux autonomes de commerce imposés par le traité OHADA ne sont pas établis. Il en va de même pour la Cour des comptes, organe constitué.
4. Conscient des carences actuelles affectant le système judiciaire et de la nécessité de procéder à une réforme en profondeur de l’institution en vue de renforcer la démocratie et l’État de droit, le ministère a entrepris en avril 2004, avec le concours du PNUD, un diagnostic de la justice au Togo, dont les résultats et recommandations ont servi de support à la conception du présent document, réalisé avec le concours de 2 consultants (M. Bernard Jolly, consultant international PNUD-UNDESA et M. Aregba Polo, ancien ministre, consultant national) et validé par un atelier ouvert par le Président de la République le 16 août 2005. L’atelier, tenu à Kpalimé entre le 17 et 19 août, associait les représentants de la totalité des acteurs de la Justice ainsi que les bailleurs de fonds intéressés par la réforme de la justice. Le document final va être soumis au Conseil des ministres et faire l’objet d’une ‘’lettre de politique’’ qui exprimera la politique gouvernementale de réforme judiciaire sur les 5 ans à venir. Ce faisant, le gouvernement togolais commence à exécuter l’engagement 2.7, pris dans le cadre des consultations ouvertes avec l’Union européenne le 14 avril 2004 et qui vise à ‘’assurer par des mesures adéquates à préciser ultérieurement, un fonctionnement de la justice impartial et indépendant du pouvoir exécutif’’. Ce document pourrait également avoir vocation à s’incorporer dans la future stratégie nationale de promotion de la bonne gouvernance. Ses orientations et objectifs pourront enfin être intégrés dans la nouvelle version du Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP), en cours de formulation par le Gouvernement et qui constitue un pré-requis pour l’accès ultérieur du pays aux programmes de réduction de dette dans le cadre de l’initiative pour les pays pauvres très endettés (PPTE).
5. Le programme se décompose en 6 sous-programmes et 26 projets pour un montant total de 10,5 Mds FCFA sur 5 ans, incluant les infrastructures et l’assistance technique. Un diagramme visualisant l’architecture générale du programme, ainsi qu’un récapitulatif budgétaire, figurent en annexe 1 et 3 au présent document.
6. Le programme vise l’établissement sur 5 ans des fondements d’une justice indépendante, efficiente, accessible à tous, y compris des populations les plus vulnérables. Les objectifs finaux sont le renforcement de l’État de droit, l’affermissement des droits de l’Homme et de la paix sociale, l’établissement d’un environnement juridique soutenant le développement du secteur privé ainsi que l’intégration du Togo dans l’économie mondiale. Les objectifs spécifiques et les actions à entreprendre pour les atteindre sont les suivants (cf. diagramme en annexe 2) :
- Indépendance de la Justice, via : (i) la réforme du statut des magistrats qui visera à limiter les risques d’arbitraire dans la promotion en fixant des critères plus détaillés d’éligibilité à l’avancement de grade, (ii) la révision de l’organisation des collèges et formations du Conseil supérieur de la Magistrature, (iii) la mise en place effective de juridictions administratives permettant des recours juridictionnels contre les décisions de promotions jugées non conformes au statut, (iv) la réhabilitation des dossiers et l’informatisation de la gestion administrative des magistrats par la MdJ qui permettra au CSM de disposer en temps voulu de dossiers personnels complets et fiables, (v) l’adoption d’un code d’éthique des magistrats.
- Efficience de la Justice, via : (i) le renforcement des capacités des magistrats par une remise à niveau sur 2 ans de la totalité des effectifs de magistrats et d’auxiliaires de justice, suivie de (ii) la création d’un centre de formation des professions judiciaires, (iii) l’équipement et l’informatisation des juridictions centrales (iv) la professionnalisation des greffiers et l’informatisation des greffes, (iv) la révision du cadre budgétaire des juridictions en vue de leur garantir un fonctionnement normal et transparent, (v) la mise à disposition de moyens documentaires et, (vi) la mise en oeuvre de contrôles réguliers des juridictions qui seront opérés conjointement par l’inspection générale des services judiciaires et la direction des parquets, dont les capacités auront été renforcées à cet effet.
- Rapprochement de la Justice et du citoyen, via : (i) la réhabilitation et l’équipement des 30 tribunaux régionaux et provinciaux de première instance ainsi que le redéploiement des effectifs de magistrats en fonction des charges de travail juridictionnel de chaque tribunal, (ii) la mise en œuvre d’audiences foraines ciblant les populations rurales, (iii) une expérience pilote de fonds d’aide judiciaire, initiée à Lomé et Kara puis étendue à l’ensemble du territoire, (iv) l’information des citoyens sur leurs droits et les moyens de les exercer.
- Prévisibilité du droit, via : (i) la révision et mise en cohérence des textes essentiels de droit civil, pénal, des affaires, humains ainsi que, le cas échéant, de codifications législatives, (ii) le renforcement des capacités des cours supérieures (Cour Suprême et cours d’appel) à assurer leur fonction de régulation jurisprudentielle (iii) la dissémination systématique des lois, règlements et jurisprudences.
-
Assujettissement de l’administration
au droit, via : (i) l’implantation effective de
juridictions administratives permettant aux citoyens d’obtenir l’annulation ou
la réformation d’actes ou de règlements administratifs illégaux, (ii) l’implantation effective d’une Cour des
comptes assurant le contrôle juridictionnel de l’exécution du budget de l’État.
La stratégie d’action sous-tendant le présent programme peut être résumée comme suit :
A. institutionnalisée et participative
7. La mise en oeuvre d’un programme de réforme judiciaire est un processus complexe qui, pour être efficace, doit agir simultanément mais de façon coordonnée et séquentielle sur les principaux facteurs qui déterminent l’efficience judiciaire. La réforme est aussi un processus technique devant mobiliser en temps voulu une expertise pluridisciplinaire, nationale et internationale, relevant tout autant de la science administrative et du droit public que de l’économie, des finances publiques, et des sciences du management. La modernisation judiciaire est enfin un acte participatif qui nécessite l’aménagement d’un dialogue constant et cohérent entre le pouvoir politique et les principaux acteurs de l’administration, de la société civile et du secteur privé. Ces considérations ont justifié la décision de mettre en place, auprès du ministre de la justice, un dispositif ad hoc de gestion et de pilotage de la réforme judiciaire, qui se composera d’une cellule technique de projet, l’Unité de gestion du programme de modernisation de la Justice (UGPMJ), qui servira de point d’ancrage à l’assistance internationale, et un comité de pilotage, organe stratégique, auquel seront associés non seulement les ministres intéressés par la réforme judiciaire, mais aussi des représentants du Parlement, de la société civile, du secteur privé et des partenaires de développement. Le dispositif ad hoc ainsi constitué aura vocation, à l’issue du programme, à être incorporé dans l’organigramme du ministère de la Justice, permettant ainsi de pérenniser la fonction de modernisation permanente de la Justice. Cette approche participative concerne également la formulation même du présent avant-projet de programme, qui fera l’objet d’un atelier permettant de recevoir les avis des représentants des magistrats et auxiliaires de justice avant présentation du document en Conseil des ministres.
B. Globale
8. Le programme adresse, comme il ressort de la section I.2 ci-dessus, l’ensemble des composantes de la problématique de modernisation de la justice : administration de la justice / modernisation de la législation / indépendance et efficience des juridictions / renforcement des capacités des magistrats et des auxiliaires de la justice / renforcement du contrôle juridictionnel de l’activité de l’État / rapprochement de la justice et des citoyens. Ses composantes ont été conçues de façon à se renforcer mutuellement en cours d’exécution. La décomposition du programme en sous-programmes et projets permettra en outre de faciliter l’intervention et la coordination des partenaires de développement.
C. Graduelle
9. La mise en place d’un programme de la magnitude du PMJ impose une hiérarchisation des priorités ainsi que l’établissement d’un calendrier d’action corrélé à l’agenda de reprise de la coopération et aux délais de formulation et de décaissement des projets des partenaires de développement. La stratégie d’action prévoit ainsi 3 phases sur 5 ans :
· Phase 1 (2005-2006) Activités préparatoires et révision du cadre juridique de l’organisation judiciaire.
· Phase 2 (2007-2008) Réforme des codes et renforcement des capacités des juridictions centrales
· Phase 3 (2008-2010) Consolidation et renforcement des capacités des juridictions provinciales
La chronologie de mise en oeuvre des projets durant la phase 1 apparaît dans le calendrier ci-après.
La stratégie du programme est fondée sur (i) l’implantation du dispositif de réforme et de coordination des aides, (ii) le renforcement des capacités du ministère de la Justice, (iii) la réforme de l’encadrement juridique des juridictions et des professions judiciaires, (iv) la programmation de la réforme des codes et l’adoption des textes les plus urgents, (v) la restructuration et l’informatisation des greffes des juridictions centrales, (vi) le lancement du programme biennal de perfectionnement des magistrats et professions judiciaires, (vii) l’adoption du cadre législatif des juridictions administratives et des comptes, (viii) les rassemblement, codification non législative et diffusion du droit existant.
La mise en œuvre de ce programme, qui ne retient que les actions critiques pour le lancement du processus de réforme, permettra au Gouvernement traduire par des actions à impact visible sa détermination d’opérer de véritables changements dans le secteur de la justice, accélérant ce faisant la mobilisation des aides sur les actions à moyen terme de réforme de la justice. Les besoins en financement extérieur du programme sont estimés à 1,7 Mds FCFA (cf. budgets détaillés des cadres logiques des projets des sous-programmes) La contrepartie gouvernementale pendant cette période devrait essentiellement consister en le financement des nouveaux postes budgétaires de magistrats, fonctionnaires et personnels d’appui nécessités par les nouveaux organigrammes du ministère de la justice ainsi que des greffes des tribunaux centraux, soit approximativement 250 Mns FCFA sur 16 mois. Le financement budgétaire des phases 2 et 3 concernera les nouveaux postes budgétaires des juridictions résultant de la nouvelle carte judiciaire ainsi que les dépenses de construction des palais de justice.
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2005 |
2006 |
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2S |
1S |
2S |
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SOUS-PROGRAMME I ‘’RENFORCEMENT DES CAPACITÉS
D’ADMINISTRATION DE LA JUSTICE’’
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I.1 Établissement du dispositif de pilotage du PMJ,
institutionnalisation de la réforme |
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Présentation au Conseil des Ministres du PNMJ, lettre de politique
sur modernisation de la Justice |
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Texte portant création de l’Unité de gestion du programme (UGPMJ) |
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Texte portant création du comité de pilotage du programme |
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Recrutement du personnel de l’Unité Equipement de l’UGPMJ, |
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Campagne de sensibilisation sur le PMJ |
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Plan détaillé d’action sur 5 ans |
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I.2 Restructuration du MdJ et implantation d’outils informatisés de
gestion des actes essentiels |
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Analyse fonctionnelle du Mdj, nouvel organigramme, plan d’effectifs |
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Décret de réorganisation du MdJ |
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Recrutement des personnels, selon plan des effectifs |
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Réhabilitation des locaux et équipement du MdJ |
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Informatisation de la gestion du personnel judiciaire |
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Informatisation de l’édition des certificats de nationalité |
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I.3 Réorganisation et renforcement des capacités de contrôle de
l’IGSJ/Direction des parquets |
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Recrutement des personnels, selon plan des effectifs |
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Équipement |
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Formation sur place des nouveaux inspecteurs, vademecum de
l’inspecteur |
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I.4 Renforcement capacités administration pénitentiaire |
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Actions prévues par chronogramme UE / PAUSEP |
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SOUS-PROGRAMME II ‘’MODERNISATION DE LA LÉGISLATION’’
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II.1 Formulation et planification du programme législatif |
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Diagnostic législatif |
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Programme législatif quinquennal soumis au Conseil des ministres |
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II.2 Adoption des textes essentiels du droit judiciaire |
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Adoption des textes sur le droit judiciaire |
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Adoption des textes sur les auxiliaires de justice et des officiers
ministériels |
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Adoption du code des personnes et de la famille |
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II.4 Adoption des textes essentiel des droits humains |
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Adoption du code de l’enfant |
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II.5 Mise en conformité du droit interne avec le droit international |
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Création de la commission d’harmonisation du droit interne avec le
droit international |
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Diagnostic |
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Proposition de programme de mise en conformité |
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SOUS-PROGRAMME III ‘’
INDÉPENDANCE MAGISTRATURE /
FONCTIONNEMENT DES JURIDICTIONS’’
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III.1 Implantation des cadres législatif et organisationnel
garantissant l’indépendance de la magistrature |
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LO sur statut des magistrats et CSM, code d’éthique, réhabilitation
dossiers magistrats |
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Équipement du secrétariat du CSM |
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III.3 Réorganisation et équipement de la Cour Suprême en vue du
lancement du programme d’apurement des affaires en instance |
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Étude diagnostic et proposition de réorganisation |
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Aménagement des locaux et équipement de la Cour |
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Informatisation du greffe et du secrétariat du parquet |
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III.4 Restructuration et informatisation des greffes des cours
d’appel et TPI de Lomé et Kara |
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Étude de réorganisation des greffes et plan d’effectifs ; postes
inscrits dans LdF 06 |
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Aménagement de locaux pour les greffes et secrétariats parquets |
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Équipement des greffes et secrétariats parquets |
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Recrutement et affectation personnels selon plan d’effectifs |
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Implantation logiciel de gestion des greffes |
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Lancement informatisation du casier judiciaire |
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Formation informatique agents des greffes et secrétariats parquets |
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Manuels de procédures |
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III.7 Renforcement des capacités des OPJ |
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Programme de formation des OPJ et magistrats du parquet et
d’instruction |
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SOUS-PROGRAMME IV ‘’RENFORCEMENT DES CAPACITÉS DES MAGISTRATS-AUXILIAIRES
DE JUSTICE’’
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IV.1 Programme biennal de perfectionnement |
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Identification des besoins, formulation de programmes par
professions, conception cours |
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Première formation magistrats |
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Première formation greffiers |
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Première formation avocats |
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Première formation huissiers |
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Première formation notaires |
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Première formation OPJ |
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SOUS-PROGRAMME V ‘’CONTRÔLE JURIDICTIONNEL DE L’ACTIVITÉ
ADMINISTRATIVE’’
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V.1 Activités préparatoires à l’implantation effective de
juridictions administratives |
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Circulaire MdJ enjoignant magistrats de se prononcer sur requêtes en
matière administrative |
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Étude de faisabilité de l’implantation effective des juridictions
administratives |
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Séminaire sur l’implantation des juridictions administratives |
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Adoption par le Conseil des ministres du programme d’implantation des
juridict. administratives |
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V.3 Établissement législatif de la Cour des Comptes |
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Diagnostic encadrement budgétaire-cptable et plan de réforme gestion
des finances publiques[1]
p.m. |
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Loi organique et règlement intérieur de la Cour |
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Statut particulier des magistrats des comptes |
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SOUS-PROGRAMME VI ‘’ AMÉLIORATION DE L’ACCÈS AU DROIT’’
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VI.1 Diffusion des lois et règlements du Togo |
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Création et équipement d’une unité de dissémination juridique au sein
de l’UGPMJ |
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Numérisation de l’ensemble des journaux officiels depuis
l’indépendance |
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Publication de manuels et CD-Rom législatifs |
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A. Position du problème
10. La Chancellerie est investie de missions classiques de gestion et de contrôle du bon fonctionnement du service public de la justice, d’exécution des sentences, de prévention de la délinquance et réinsertion sociale des condamnés, de garantie d’unité et de cohérence du droit, tant au niveau de son élaboration législative qu’à celui de son application. Le ministère de la Justice va enfin exercer la maîtrise d’ouvrage du programme de modernisation de la Justice.
11.
Le ministère de la Justice ne dispose pas
de la capacité d’exercer la totalité de ces fonctions faute de moyens humains
et matériels. La Chancellerie ne compte en effet aujourd’hui, hors le cabinet, que
4 directeurs sans personnel de collaboration et de quelques attachés
d’administration. Il en résulte que l’organigramme actuel n’est pas
fonctionnel. Certaines directions
stratégiques, dont la direction des parquets, ne sont même pas pourvues en
personnel ou sont en sous-effectif comme la direction des services judiciaires
en charge de la gestion de la carrière des greffiers et, de facto, des
magistrats. Certaines directions essentielles pour une bonne administration de
la justice, telles la direction des affaires civiles et du sceau ainsi que la
direction des affaires pénales et des grâces, ne sont pas prévues par le décret
du 91-59 du 14 octobre 1991 organisant le ministère, dont l’arrêté
d’application n’a au surplus pas été pris. L’efficience du ministère est
également affectée par le manque de moyens matériels. Le ministère ne dispose
que d’un photocopieur et de trois ordinateurs dont deux ont été prêtés par le
secteur privé. Plusieurs fonctions clés
comme l’établissement et la gestion des certificats de nationalité font donc
toujours l’objet d’un traitement manuel, source de lenteurs.
12.
La fonction essentielle de contrôle des
juridictions n’est actuellement pas assurée par l’inspection générale des
services judiciaires. L’IGSJ, à ce jour constituée d’une l’inspectrice générale
et d’une secrétaire, est dépourvue de tout moyen pour assurer un programme de
visites systématiques des juridictions lui permettant d’identifier en temps
réel les dysfonctionnements des cours et tribunaux et de proposer au ministre
des solutions d’amélioration. Cette insuffisance de contrôle des magistrats se
double, pour les raisons indiquées plus haut de l’absence totale d’encadrement
des parquets, faute de l’existence effective d’une direction des parquets
suivant en permanence l’activité des parquets généraux.
13.
La Direction de l’administration
pénitentiaire ne dispose pas des moyens pour assurer sa double mission
d’exécution des jugements privatifs de liberté et de réinsertion sociale.
L’encadrement juridique est aujourd’hui lacunaire, l’arrêté du 1er
septembre 1933 organisant le fonctionnement des centres de détention ayant été
abrogé en 1992 sans être remplacé. La dualité de tutelle sur les gardiens,
relevant hiérarchiquement du ministère de la Sécurité mais de facto commandés
par les chefs de juridiction, occasionne de fréquents conflits d’autorité. Ce
problème est amplifié par l’absence de statut particulier des gardiens de
prison fixant clairement les principes de carrière ainsi que les tâches et
responsabilités de ces personnels.
Seules 14 juridictions sur 22 sont pourvues de centres pénitentiaires,
par ailleurs vétustes et de capacité insuffisante. Il en résulte une
surpopulation et des conditions de vie carcérales très en deçà des normes
standard internationales. La prison de Lomé compte ainsi actuellement un
effectif de 1400 détenus pour une capacité d’accueil de 400 places.
L’organisation pénitentiaire actuelle ne permet pas de détenir séparément les
prévenus et les condamnés. Il n’existe pour l’instant pas de politique de
réinsertion des condamnés, spécialement mineurs. Ces derniers ne disposent par
ailleurs pas de centres spécifiques. Les seules initiatives en la matière sont
privées et donc parcellaires (village renaissance de Yaokopé). Il en résulte un
taux important de récidive qui contribue à son tour à la surpopulation
carcérale.
14.
Les
carences actuelles en moyens humains et matériels du ministère risquent par
ailleurs de poser problème lors de la mise en œuvre par la chancellerie du présent programme de modernisation de la Justice, par nature transversal, complexe, technique et fondé sur un dialogue
constant et cohérent entre le ministère et les autres pouvoirs publics ainsi
que les justiciables de la société civile et du secteur privé bénéficiaires
finaux de la réforme. Un tel exercice impose la mobilisation à temps plein de
ressources humaines qualifiées en vue d’assurer efficacement le suivi et la
coordination du programme.
B. Stratégie
15.
La stratégie du ministère est fondée en premier lieu sur la création
auprès du ministre d’un mécanisme ad
hoc de pilotage stratégique et exécution du programme de modernisation de la
Justice qui sera composé des organes suivants :
·
une ‘’Unité
de gestion du programme de modernisation de la Justice’’ (UGPMJ), structure
de projet composée d’un coordonnateur national de haut niveau et appuyée pour
la période de lancement par un expert international de haut niveau. L’UGPMJ
aura vocation à :
-
coordonner
l’ensemble des activités du programme de modernisation de la Justice,
-
apporter
un appui technique et méthodologique au ministre de la justice dans la mise en
œuvre des activités du programme,
-
servir
de point d’ancrage à l’assistance technique appuyant la mise en œuvre des
activités du programme,
-
veiller
à la réalisation des activités selon l’échéancier du programme,
-
assurer
l’interface avec les bailleurs de fonds en vue de mieux coordonner les aides,
-
rendre
compte régulièrement au ministre et aux bailleurs de fonds l’état d’avancement
du programme,
-
assurer
le secrétariat du comité de pilotage et des commissions ad hoc telle la
commission de la législation ;
·
un ‘’Comité
de pilotage du programme de modernisation de la Justice’’ (CPPMJ) présidé
par le Ministre de la Justice et composé de représentants de haut niveau des
ministères intéressés (notamment Intérieur, Finances, Démocratie et État de
droit), des commissions concernées de l’Assemblée nationale, de représentants
du CSM, de personnes qualifiées de la société civile et du secteur privé
(incluant des représentants des ordres ou bureaux d’auxiliaires de justice) et
de représentants des bailleurs de fonds. Le CPPMJ aura vocation à :
-
valider
les orientations stratégiques du programme de
modernisation judiciaire,
-
évaluer
semestriellement les résultats du programme et proposer le cas échéant des
ajustements,
-
servir
de cadre de concertation et de coordination entre le MdJ et les institutions
nationales ainsi que les bailleurs de fonds concernés par le programme.
Le dispositif peut être visualisé comme suit (cf. projet
d’organigramme détaillé de l’UGPMJ en annexe) :
__ lien hiérarchique --- lien fonctionnel
