Discours du Ministre de la Justice

Inauguration des locaux de l’Unité de gestion du Programme de modernisation de la Justice

 

19 septembre 2006

 

 

 

 

MMES et MM…

 

 

C’est un plaisir pour moi de procéder aujourd’hui à l’inauguration des locaux de l’Unité de coordination du programme national de modernisation judiciaire, qui va être amenée à jouer un rôle central dans le déroulement du programme durant les 5 années à venir.

 

Cette ouverture solennelle, qui fait suite à la première réunion du Comité de pilotage du programme tenue le 15 septembre dernier, parachève le processus d’installation du dispositif d’encadrement stratégique et de coordination opérationnelle du PNMJ.

 

Ce dispositif, qui a été conçu en concertation avec les partenaires de développement au premier rang desquels le PNUD, la France et l’Union européenne, principaux contributeurs du PNMJ représente un compromis institutionnel que je juge satisfaisant car respectueux à la fois de la souveraineté de l‘Etat togolais quant à la maîtrise d’ouvrage du programme et de la nécessaire autonomie dans le déroulement des projets de nos partenaires de développement.

 

Le mécanisme institutionnel établi par l’arrêté du 5 mai 2006 distribue les compétences entre un comité de pilotage et une unité de gestion du programme.

 

Les fonctions de planification, coordination et évaluation stratégiques du PNMJ sont exercées par un Comité de pilotage associant l’administration, les juridictions, les professions judiciaires et juridiques, la société civile et le secteur privé, partenaires et bénéficiaires du programme. Cette association de l’ensemble des partenaires et bénéficiaires de la réforme à la définition de ses grandes orientations traduit la démarche participative qui est au cœur  de la stratégie du programme. Et constitue un gage de bonne gouvernance du PNMJ. Cette structure plénière devrait au demeurant se doubler de la création d’un ‘’Comité d’orientation’’, organe restreint qui servira de cadre ad hoc de concertation entre les sessions du comité de pilotage.

 

Les fonctions de coordination, de suivi et, le cas échéant, de mise en œuvre des activités du programme vont échoir à l’unité de gestion que nous inaugurons aujourd’hui.

 

Cet administration de mission, structure légère placée sous l’autorité du Garde des Sceaux, va exercer, par délégation du ministre, la maîtrise d’ouvrage du programme national. C’est à dire assurer le monitoring des projets du programme, veiller au respect des chronogrammes, susciter les synergies entre projets, faciliter la mobilisation et la coordination des aides, et rapporter régulièrement au ministre.

 

L’Unité est également investie, au titre de l’Art. 11, par. 4 de son arrêté institutif, d’une fonction d’appui direct à la réalisation de certaines activités du programme ‘’qui lui sont expressément dévolues par les plans d’action’’.

 

Cette dualité de fonctions de coordination et d’appui direct permet de moduler les compétences de l’UGPNMJ en fonction des sources de financement et modalités d’exécution des 26 projets des 6 composantes du programme.

 

L’Unité exercera ainsi un rôle de coordination et suivi, par délégation du ministre, lorsqu’il s’agira d’activités visées par  projets financés et exécutés par des projets internationaux. Et la coordinatrice sera à cet effet en relation fonctionnelle avec les chefs de ces projets. Etant entendu, mais c’est une évidence, que ces projets seront régis par les dispositions propres à chaque bailleur de fonds.

 

L’Unité exercera par ailleurs une fonction d’appui direct à la réalisation des projets non visés par une assistance internationale, soit du fait d’une stipulation du programme, soit par ce que ces projets sont en découvert de financement international et abondés par le budget de l’Etat au titre de la contrepartie nationale. Elle disposera à cet effet d’une équipe légère d’experts nationaux récemment recrutés.

 

Je pense que cette clarification était utile dans la perspective de l’établissement prochain, aux côtés du projet PNUD, des projets français et européen, puis de l’arrivée d’autres bailleurs, qui va nécessiter une compréhension commune des rôles et sphères d’intervention de chacun.

 

Compréhension qui s’affinera au fil de l’eau par la mise en place de mécanismes de concertation permanente, formels et informels, entre la chancellerie, l’Unité, les projets internationaux et les partenaires au développement, qui permettront de régler en temps réel tout problème institutionnel lié au déroulement du programme.

 

 

MMES ET MM…

 

L’UGPNMJ, dispose en ce jour d’inauguration, et grâce au concours du PNUD, que je tiens à remercier à nouveau ici, des moyens de ses ambitions.

 

Les locaux ont été réhabilités et équipés, le personnel substantif national et international est recruté, les projets prioritaires ont été définis, les premières actions de réforme sont en cours, telles la restructuration du ministère de la Justice et l’établissement de la commission nationale de modernisation de la législation, dont je rappelle qu’elle sera logée dans ces locaux dès demain.

 

Conformément au programme prioritaire du PNMJ, il va revenir à l’Unité d’appuyer sans délai, avec obligation de résultat dans les 12 mois, les premiers chantiers substantifs suivants :

 

·         Restructuration et renforcement des capacités du ministère de la Justice

·         Réforme du droit processuel, mise en conformité du droit pénal et amorce de réforme du droit foncier

·         Apurement des dossiers pendant devant la Cour Suprême

·         Lancement du processus de diffusion juridique

 

Notre programme est par ailleurs insuffisamment connu de ses bénéficiaires finaux.. J’attends donc également de l’Unité qu’elle se consacre immédiatement à la diffusion et vulgarisation du PNMJ en vue d’informer la population, les administrations centrales et locales, la société civile et le secteur privé des stratégies et calendriers gouvernementaux d’implantation d’une justice efficiente, impartiale, proche des citoyens.

 

La réalisation de ces activités à impact visible et catalytiques pour la réforme en son ensemble constituera un signal fort, tant à l’égard de la population que des partenaires au développement, de la détermination gouvernementale de mener à bien cette réforme critique pour le renforcement de l’Etat de droit et, partant, pour la réconciliation nationale et la sortie de crise.

 

Je souhaite pour conclure plein succès à l’Unité… (formules de conclusion)